Le Centre d'étude de projets économiques (CEPEC) de Lausanne a effectué une étude approfondie sur les salaires auprès de 300 entreprises sur mandat de la Société suisse des employés de commerce. Les éléments les plus étonnants de cette étude, dont les résultats ont été présentés lors d'une conférence de presse qui s'est tenue lundi à Zurich, est qu'il existe d'importantes différences de salaires entre les différents secteurs de notre économie. C'est dans le commerce de détail que l'on gagne le moins (7,8 pour-cent en dessous dans la moyenne générale), et dans le secteur des services que les salaires sont les plus élevés (plus 4,7 pour-cent). La comparaison avec les précédentes enquêtes de CEPEC montre clairement que les différences s'aggravent entre les secteurs d'activité. Une exception est constituée pour le secteur public qui se situe dans la moyenne. Si, par le passé, les employés du secteur public gagnaient 5 pour-cent de plus, la différence a été ramenée à un demi-pour-cent.
Stagnation à partir de 40 ans
L'évolution individuelle des salaires a aussi changé: on constate un aplanissement de la courbe de croissance dans l'ensemble des secteurs et des niveaux de formation en fonction de l'âge des personnes. A partir de 40 ans, le salaire de la majorité des employés n'évolue plus. Et cela depuis au moins 10 ans. Alors que ceux qui font leur entrée dans le monde du travail en ayant achevé un apprentissage de commerce ont vu leur salaire réel progresser de près de dix pour-cent entre 1998 et 2008, les salaires réels des employés plus âgés sont restés constants dans le meilleur des cas.
La SEC Suisse exige 3,5% de plus dans les banques et assurances
La Société suisse des employés de commerce veut faire en sorte que lors des prochaines négociations salariales, les revenus moyens fasse l'objet d'une plus grande considération. En plus, de l'entière compensation du renchérissement, la Société suisse des employés de commerce revendique une augmentation de salaire réelle de 1 pour-cent dans les banques et l'industrie. Compte tenu de l'augmentation du coût de la vie, les salaires devraient donc augmenter de 3,5 à 4 pour-cent. Dans les entreprises qui dégagent des bénéfices élevés, la SEC Suisse va avoir des exigences plus élevées. Dans le commerce de détail, qui est soumis à une forte pression sur les prix, la SEC Suisse revendique une augmentation réelle de 0,5 pour-cent, ce qui devrait correspondre à une augmentation de 3 pour-cent.
Toujours plus de primes
L'enquête qui a été réalisée a aussi tenu compte des composants variables du salaire, tels que les primes et la participation aux bénéfices. La part de ces composants salariaux a fortement augmenté dans l'ensemble des secteurs économiques et niveaux de fonction. Le danger réside dans le fait que les employés se reposent sur les primes et qu'ils soient sous-payés dès lors que les affaires marchent mal. La perspective de primes élevées ne doit pas conduire à ce que le salaire de base soit mis sous pression.
Lent rattrapage chez les femmes
Dans un même secteur d'activité le même niveau de fonction et de tranche d'âges, les femmes gagent nettement moins que les hommes. Ce fait est confirmé par l'étude du CEPEC. C'est dans le service public que les différences sont les moindres et dans les services qu'elles sont les plus importantes. De manière générale, les différences salariales se sont pourtant fortement réduites. Chez les jeunes employées et employés, elles ne sont plus que très minimes. Un succès des efforts engagés entre autres par la Société suisse des employés de commerce qui vise à instaurer le principe d'un salaire égal pour un travail égal.
Neuchâtel/Zurich, le 23 juin 2008
Société suisse des employés de commerce
Pour toute information complémentaire:
Barbara Gisi, responsable de la politique en faveur des employés au sein de la SEC suisse, Natel 079 775 66 10
Luc Python, secrétaire central pour la Suisse romande, Natel 079 355 45 89





