Sept heures dix du matin: à la gare de Bienne, l’animation bat son plein. Chacun se hâte vers son quai. Les trains se vident et se remplissent et des vagues continues de passagers envahissent les lieux : des gens plongés dans leurs pensées ou prolongeant un rêve trop tôt interrompu. Je remonte le courant, me presse pour atteindre enfin une place où, confortablement, je pourrai savourer ce moment de liberté, le sentiment d’être inatteignable, quelque part entre deux mondes.
Cet instant précieux n’est hélas pas partagé par tous, car les trains sont de plus en plus bondés et c’est souvent debout, dans des conditions inconfortables, que bien des usagers effectuent leurs déplacements.
Avec ses 5200 km de voies, la Suisse dispose d’un des réseaux ferroviaires les plus denses d’Europe, mais les exigences accrues de mobilité, en particulier professionnelle, entraînent une énorme augmentation du nombre de passagers du rail. Pour répondre à cette demande croissante, le développement et la modernisation des chemins de fer s’imposent. On estime que les projets prévus par la Confédération jusqu’en 2050 coûteront 54 milliards de francs. Mais quid du financement? Cela se fera-t-il par un impôt sur les huiles minérales ou les coûts seront-ils supportés directement par les usagers? Il faudra attendre la première votation en 2013 pour y voir un peu plus clair. Quant à la fixation des ordres de priorité, la lutte entre les deux options stratégiques, lourdes de sens, est âpre. L’axe nord–sud sera-t-il privilégié ou non par rapport à la
transversale est-ouest? Décidément, le dossier de l’infrastructure ferroviaire n’a pas fini de faire couler de l’encre…
Marie-Line Vuilleumier
Secrétaire de la SEC Suisse pour la Suisse romande







